L'ENCRIER POLYMORPHE
Articles, pamphlets, poèmes et histoires - L'Encrier Polymorphe propose des textes aux formats variés selon la muse qui frappe à ma porte. Je vous souhaite bon voyage dans mon univers...
ÇA COMMENCE SUR 2 JOURS, À LA CAPITALE...
Ça commence par la capitale et 2 jours…
Ce bout de papier azur est un poison bien plus violent qu'une simple consigne de sécurité. L’arrêté préfectoral n°2026-01293 qui criminalise le port de masques et de lunettes n’est rien d'autre qu'un test de soumission.
Une tentative grossière d'asphyxier la contestation étudiante avant même qu’elle ne descende dans la rue.
L'émancipation face à l'injustice ne s’est jamais négociée poliment dans les salons feutrés. Jamais. Le bitume français est imbibé de cette vérité.
On nous enseigne la grandeur de 1789 dans les manuels, mais on envoie des brigades surarmées dès que les héritiers de cette histoire osent relever la tête. De la Commune de 1871 aux barricades de Mai 68, la liberté ne s'est jamais obtenue en demandant poliment l'autorisation de respirer.
Regardez ce que la patrie des Droits de l'Homme tolère aujourd'hui. Un « cordon sanitaire » de 100 mètres autour des lycées de Paris et de sa banlieue. Envoyer la force publique interdire à des adolescents de se protéger les yeux et les poumons contre les gaz lacrymogènes que les forces de l’ordre tirent eux-mêmes, c'est franchir un cap critique. C’est la signature méthodique des régimes qui ont peur de leur propre jeunesse.
Ces mécanismes sont les premiers ambassadeurs des dynamiques autoritaires.
L'histoire du XXe siècle regorge de ces décrets « provisoires », de ces mesures d'exception prises « pour 24 heures » sous couvert d'ordre public. On habitue l'opinion à la restriction. On commence par interdire un bout de plastique sur le visage un jeudi, et on se réveille le lundi dans un pays où le simple fait de contester est devenu un crime.